MEDEK selon Ramon Cuevas

Traduction de la page "qu'est-ce que CME" du site www.cuevasmedek.com


 

CME: Cuevas Medek Exercices, par Ramon Cuevas, physiothérapeute, créateur de CME

 

Cette thérapie motrice pour la rééducation du petit enfant a été créée par le kinésithérapeute Ramon Cuevas à Caracas, Vénézuela, entre 1971 et 1973. La principale motivation de Ramon était de trouver le moyen de « provoquer des réponses motrices active-automatiques » chez les jeunes enfants présentant des retards dans le développement psychomoteur, sans prendre en compte « la coopération et la motivation » de l’enfant. Cette méthode était initialement appelée MEDEM (acronyme de « méthode dynamique pour stimulation motrice » en espagnol), et a été renommée MEDEK en 1980 (« M » pour Moteur, « K » pour « kinetic », « cinétique »). Le nom actuel, CME, a été établi par Ramon en 1998. CME est l’acronyme de Cuevas-Medek-Exercise.

 

L’hypothèse de base de la méthode CME est que le contrôle moteur provient de sources génétiques poussées à se manifester sous l’influence de forces gravitationnelles et avec l’aide du vieillissement. Avec le vieillissement vient la maturité, et la maturité permet à l’enfant de prendre petit à petit le contrôle de ses postures et de ses mouvements. Les fonctions motrices antigravitationnelles se déclenchent à partir de la naissance et atteignent leur apogée avec la marche indépendante, à l’âge de 12 à 14 mois. Certains marcheurs précoces parviennent à marcher dès l’âge de 10 mois, et d’autres, plus tardifs, entre 14 et 16 mois, voire même 18 mois.

 

Le cadre théorique de la méthode CME est basé sur cette supposition : « le potentiel de rétablissement du cerveau augmente quand l’enfant est progressivement exposé à des challenges moteurs et posturaux quel que soit l’état de son appareil locomoteur». L’idée au cœur de la méthode CME « est de pousser le système nerveux central à produire de nouvelles réactions de contrôle postural antigravitationnelle, avec très peu ou pas du tout de support externe ». L’argument derrière ce postulat est que les lois des procédés standards de développement ne s’appliquent pas aux enfants ayant des retards du développement psychomoteur. On ne peut pas attendre de l’enfant handicapé qu’il évolue de manière standard, car le cerveau atteint ne peut exprimer la « maturité » que de manière aléatoire, et il est habitué à une anomalie du tonus musculaire. La méthode CME peut être appliquée aux enfants à partir de l’âge de 3 mois et continuer aussi longtemps que nécessaire jusqu’à l’acquisition de la marche indépendante, seulement si l’enfant montre des progrès moteurs signifiants dans les 8 premières semaines de la thérapie CME. Les limites de cette méthode sont définies par la taille et le poids de l’enfant, ainsi que la capacité du praticien CME à

exposer l’enfant à des influences gravitationnelles tout en ne lui fournissant qu’un support distal progressif. Par exemple, tenir l’enfant debout par la taille est un « support proximal » : tenir l’enfant sous les hanches, puis aux fesses, sous les genoux et/ou, finalement, par les chevilles, est un « support distal progressif ». La raison pour laquelle la méthode CME ne peut pas être appliquée aux handicapés adultes est précisément à cause de ces « techniques de support distal progressif ».

 

Les caractéristiques spécifiques de la méthode CME sont :

1. Elle provoque l’apparition de fonctions motrices automatiques qui n’existaient pas avant : L’exercice idéal est celui qui incite l’enfant à répondre activement avec une réaction motrice qui n’était pas encore sous son contrôle spontané.

 

2. La coopération et la motivation ne sont pas requises pour la méthode CME : On ne peut pas dire « la thérapie n’a pas bien fonctionné aujourd’hui car l’enfant n’est pas coopératif/pas motivé ». Au contraire, le principe de CME est que c’est au kinésithérapeute de trouver les exercices posturaux appropriés qui vont provoquer une réponse motrice chez l’enfant pendant la séance.

 

3. L’enfant est exposé à des influences gravitationnelles de façon progressive, d’un support proximal à un support distal : Dès que l’enfant accomplit un exercice donné, il faut essayer un nouvel exercice avec un support de plus en plus distal.

 

4. La méthode CME comprend des exercices d’étirement : Les étirements nécessaires peuvent être intégrés aux exercices fonctionnels. Ainsi, le cerveau de l’enfant reçoit une meilleure information proprioceptive grâce à la combinaison de 3 éléments : série de mouvements, posture antigravitationnelle fonctionnelle et prise d’appui.

 

5. Une hypertonie des extrémités inférieures n’empêche pas de stimuler la position debout : La méthode CME soutient et applique les conditions de stimulation de la position debout quel que soit le tonus musculaire. Par exemple, provoquer la position debout chez l’enfant handicapé de plus de sept mois développe le contrôle vertical du tronc, ce qui est la base de toute autre fonction motrice.

 

6. Une période d’essai est proposée pour vérifier les résultats à court terme de la méthode CME : après une première évaluation motrice avec la participation directe des parents, 2 ou 3 fonctions motrices (par exemple se tenir assis pour 30 secondes, ou rester en position debout en étant tenu par les chevilles) sont choisies comme objectifs de base devant être atteints dans les 8 premières semaines d’application de la méthode CME. Si ces objectifs sont atteints, on recommande aux parents de continuer la thérapie CME ; sinon, on encourage les parents à envisager d’autres méthodes de physiothérapie.

 

Évaluation :

La version actuelle de l’évaluation de la méthode CME est une version révisée du test original créé en 1972. Pendant 4 ans (1976 à 1980), l’évaluation était sous contrôle expérimental et faisait partie du projet de recherche ARYET (acronyme de Risque Élevé et Stimulation chez l’Enfant, en espagnol). Le projet ARYET était financé par la Neumann Foundation et la clinique de l’Université Centrale du Vénézuela. Les résultats du projet ont été publiés à Caracas en 1982 dans une édition en 3 volumes, plus un volume dédié entièrement au protocole d’évaluation de la méthode CME.

 

La première version du test psychomoteur était composée de 86 éléments mais a été progressivement simplifiée afin de gagner du temps pendant l’évaluation, sans toutefois perdre en précision ; ainsi l’évaluation actuelle comprend 41 éléments couvrant la période néonatale jusqu’à l’acquisition de la marche indépendante. La thérapie elle-même est composée de presque 1500 exercices différents, et le premier manuel d’exercices CME créé par Ramon est accessible au public depuis 2006.

 

Modèle d’intervention :

Après une évaluation initiale, les résultats moteurs guident le thérapeute pour choisir les objectifs à court terme, qui doivent être atteints durant les 8 premières semaines du traitement. Après quoi le thérapeute apprend aux parents les exercices à faire à la maison et détermine le nombre d’exercices et la durée des séances. À partir de là, les exercices doivent être pratiqués deux fois par jour, 6 jours par semaine.

Si les objectifs choisis sont atteints pendant les 8 premières semaines, on peut être sûr que la méthode CME aidera l’enfant à faire de grands progrès psychomoteurs ; dans le cas contraire, les parents sont encouragés à envisager d’autres approches, afin d’éviter de rester coincé dans une thérapie inutile. Ceci est une caractéristique éthique de la méthode CME

 

Exemples d'exercices CME MEDEK faits PAR RAMON CUEVAS lui-même sur un petit Thomas atteint de paralysie cérébrale.

 

 

 



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